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Ces cinq minutes auraient pu être cruciales. Il faut moins de temps que ça pour dire à une personne qu' On l'aime. Un millième de seconde suffit. Un regard. Un seul.
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Il faut fermer les yeux. Ne plus rien voir. Ne plus rien voir se détruire, tomber en ruines. C'est fou comme c'est rapide, emporté par la décadence, tout décrépit & se désintègre, jour après jour & heure après heure. D'une rapidité extrême, tout dans ma tête se secoue et tombe à la renverse. Tout se mélange à mes pensées. Comment pourrais-je réfléchir?
Mais la réponse est là, il suffit (juste) de la chercher. Et de la trouver. Chercher dans les regards et dans les sourires. Piocher quelques mots, si beaux à entendre, si beaux à lire & à relire . A peine trois syllabes qui résonnent et dansent, à travers le flux de pensées ...
Nous on ira en chercher, du bonheur. Du beau, du vrai, du qui tue pas. Pas celui qui rend accro, ni qui finit par intoxiquer, ou par étouffer. Nous on sera libre, d'esprit & de c½ur. On sera libre de nos gestes & de nos mots, on n'appartiendra à aucune civilisation, et tout ira bien. Même si on n'est sûr de rien. On verra.
J'ai le coeur qui explose . Il explose, mais après? Il s'effiloche, se répand un peu partout, en attendant les secours. J'ai attendu. Après l'apocalypse j'attendrai encore. Pourquoi pas. C'est une façon de vivre, en attendant. Et en attendant, toujours en attendant, chaque soir je m'endors dans ce trop grand lit, gelée par l'obscurité bleue de la chambre froide. Dormir fait passer le temps. Alors je dors beaucoup. Beaucoup trop. Je fatigue mon corps, il paraît. Mais je m'en fiche. Le temps passe mieux, plus vite. Sans haut-le-c½ur. Sauf quand je pleure. Parfois. Parfois trop. Mais qu'importe, je m'en fiche.
On dirait pas. Je sais.